Action culturelle
en résidence

La Crème de Normandie

Une comédie musicale «entre Zola et Feydeau».

 

Depuis quelques mois, le Sel soutient et accueille en résidence cette création au rythme endiablé, placée dans la pure tradition du théâtre de boulevard. Entretien avec le metteur en scène Hervé Devolder, lauréat de 2 Molières pour «Les Fiancés de Loches» et «Chance».

 

Hervé, c’est quoi une résidence ?

C’est un bonheur ! Un endroit où l’on vient exprès, passer du temps à répéter. C’est très agréable de s’y sentir inclus. Alors quand, en plus, on nous ouvre les bras comme ici…

 

Comment se sent-on au Sel ?

C’est une joie d’être ici. On se sent presque réclamé ! On sait que tout le monde est là pour de bonnes raisons, pour faire et partager ce qu’on aime. Nous ne sommes pas là pour le profit.

 

Parle-nous un peu de ta création en cours, La Crème de Normandie

Cela fait 2 ou 3 ans que nous travaillons dessus, et nous en sommes à la 20e version ! La troupe compte 13 comédiens, dont 3 musiciens. L’histoire se passe dans une maison close en 1900. Au niveau du décor, il y a forcément un escalier monumental. Et ça grouille.

Il y a un certain nombre de paramètres difficiles qui le rendent le scénario complexe, d’où de nombreuses versions pour arriver à ce qu’on veut. En écrivant la pièce, on se dit «mais il va falloir une dizaine de filles» ! Puis «c’est trop cher», il faut donc revoir ses ambitions à la baisse. Autre problème de scénario : il n’y a pas d’histoire de tromperie. Or, dans le théâtre 1900, l’adultère et tous ses à-côtés sont une manne extraordinaire de situations rigolotes. Autre difficulté enfin, quand on commence à se pencher sur les maisons closes de 1900 : les filles vivent dans un univers carcéral, elles sont endettées dès leur arrivée, doivent payer leur savon à crédit… Ce n’est donc vraiment pas joyeux, surtout en 2021 où l’on commence vraiment à se préoccuper de la condition des femmes. On ne peut donc pas simplement dire «youpi tralala» quand on sait que des femmes vivent dans des conditions sociales épouvantables et n’ont aucun statut. C’est pour cela qu’on s’amuse à dire que la pièce fait cohabiter Zola et Feydeau : c’est une grosse gaudriole, mais dès qu’on commence à tourner la tête vers la condition des filles, on s’aperçoit que ce n’est pas si rigolo. C’est un challenge dans l’écriture de faire cohabiter ces deux univers.

 

Pourquoi ce genre récurrent de la comédie musicale ?

C’est amusant car j’ai fait de la mise en scène et de la composition sans le savoir, comme Monsieur Jourdain qui a fait de la prose sans le savoir. Bref, au fil de mon parcours j’ai monté un tas de pièces, dont des pièces de Labiche, dans lesquelles il y a des couplets chantés. C’est un peu l’ancêtre de la comédie musicale, et les couplets de l’époque étaient toujours des parodies de chansons du moment. Donc je me suis dit, je vais composer des musiques sur ces couplets, qui aillent dans le sens de la pièce : un type a perdu ses clés, on en fait un drame wagnérien et c’est drôle. On s’est alors aperçu qu’avec ces moments chantés, l’efficacité du spectacle augmentait. On avait du plaisir à le faire, et le public avait du plaisir à l’entendre. C’est comme ça que j’ai écrit Chance, qui est entièrement chanté. Mais il faut savoir que la musique a ses avantages et ses inconvénients. Elle permet des décalages comiques extraordinaires mais peut aussi faire basculer dans le ridicule. Elle est moins forte pour expliquer, et plus forte sur l’émotion. La danse fait sa part aussi. Parfois, la voix ou le cri prennent le pas sur la narration, quelquefois c’est la jolie mélodie qu’on retient. Tous ces moyens d’expression cohabitent et se passent le relais en permanence. Il m’est tout de même arrivé de faire des pièces de théâtre sans musique, et d’avoir des spectateurs un peu déçus car ils pensaient assister à une pièce musicale (rires).

 

Que peut-on vous souhaiter ?

Je souhaite qu’on joue beaucoup cette nouvelle pièce. La troupe rassemble vraiment des gens adorables et talentueux. On a déjà eu un avant-goût de l’ambiance de jeu les 7 et 8 décembre derniers, où nous avons pu faire 2 représentations en continuité, ici au Sel. Nous y avons pris beaucoup de plaisir.

 

Et pour conclure, ta crème préférée ?

La crème de Normandie ! Son nom réunit 3 lieux français : le Nord, le Mans et Die. Et dans la pièce, la crème de Normandie, c’est une fleur… (sourire).

Une comédie musicale «entre Zola et Feydeau».

 

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